<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/</link><title>Carnation</title><description>Carnation</description><dc:language>fr</dc:language><dc:rights>Copyright 2009</dc:rights><dc:date>2009-01-06T19:37:18+01:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><admin:errorReportsTo rdf:resource="mailto:webmaster@gayattitude.com"/><sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod><sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency><sy:updateBase>2000-01-01T12:00+00:00</sy:updateBase><item><title>Quelques grammes de douceur dans un monde de brutes...</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20090106193651/quelques-grammes-de-douceur-dans-un-monde-de-brutes/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20090106193651/quelques-grammes-de-douceur-dans-un-monde-de-brutes/</guid><description>


       Bien, nous y sommes: 2009! Pour moi, j'ai bien cru que je n'y arriverais jamais! L'année dernière a été marquée par tant de petites misères que j'ai cru que mon corps et mon esprits ne trouveraient pas l'issue!
       Mais j'y suis! Et bien décidé à en faire le meilleur. Je pense d'abord à mes amis, ici et ailleurs...les meilleurs parmi les meilleurs. Je pense à ma famille...Je vous souhaite une excellente nouvelle année, qu'elle vous apporte tout ce que vous désirez et que vous méritez entre tous. </description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/c/a/carnation/20090106-1856929654963a36abde47.jpg" width="600" height="399" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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       Bien, nous y sommes: 2009! Pour moi, j'ai bien cru que je n'y arriverais jamais! L'année dernière a été marquée par tant de petites misères que j'ai cru que mon corps et mon esprits ne trouveraient pas l'issue!<br />
       Mais j'y suis! Et bien décidé à en faire le meilleur. Je pense d'abord à mes amis, ici et ailleurs...les meilleurs parmi les meilleurs. Je pense à ma famille...Je vous souhaite une excellente nouvelle année, qu'elle vous apporte tout ce que vous désirez et que vous méritez entre tous. ]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2009-01-06T19:36:51+01:00</dc:date></item><item><title>ABOUT TOLERANCE</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20081121173527/about-tolerance/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20081121173527/about-tolerance/</guid><description>


&quot;We, Devils, love fundamentalists. Their faith offers us every promise of developing into the final weapon of mass destruction.&quot;

Norman Mailer, &quot;The Castle in the Forest&quot;</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/c/a/carnation/20081121-19938739484926e2d60b74e.jpg" width="325" height="460" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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"We, Devils, love fundamentalists. Their faith offers us every promise of developing into the final weapon of mass destruction."<br />
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Norman Mailer, "The Castle in the Forest"]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-11-21T17:35:27+01:00</dc:date></item><item><title>Le Temps retrouvé (Proust enfin...)</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20081115201625/le-temps-retrouve-proust-enfin/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20081115201625/le-temps-retrouve-proust-enfin/</guid><description>      &quot;Les liens entre un être et nous n'existent que dans notre pensée. La mémoire en s'affaiblissant les relâche, et, malgré l'illusion dont nous voudrions être dupes et dont, par amour, par amitié, par politesse, par respect humain, par devoir, nous dupons les autres, nous existons seuls. L'homme est l'être qui ne peut sortir de soi, qui ne connaît les autres qu'en soi, et, en disant le contraire, ment.&quot;

       &quot;Le mensonge est essentiel à l'humanité. Il y joue peut-être un aussi grand rôle que la recherche du plaisir, et d'ailleurs est commandé par cette recherche. On ment pour protéger son plaisir, ou son honneur si la divulgation du plaisir est contraire à l'honneur. On ment toute sa vie, même, surtout, peut-être seulement, à ceux qui nous aiment. Ceux-là seuls, en effet, nous font craindre pour notre plaisir et désirer leur estime.&quot;

       &quot;L'optimisme est la philosophie du passé. Les événements qui ont eu lieu étant entre tous ceux qui étaient possibles les seuls que nous connaissions, le mal qu'ils ont causé nous semble inévitable et le peu de bien qu'ils n'ont pas pu ne pas amener avec eux, c'est à eux que nous en faisons honneur, et nous nous imaginons que sans eux il ne se fût pas produit.&quot;

       &quot;L'instinct dicte le devoir et l'intelligence fournit les prétextes pour l'éluder. Seulement les excuses ne figurent point dans l'art, les intentions n'y sont pas comptées, à tout moment l'artiste doit écouter son instinct, ce qui fait que l'art est ce qu'il y a de plus réel, la plus austère école de la vie, et le vrai Jugement dernier.&quot;

       &quot;Seule l'impression, si chétive qu'en semble la matière, si insaisissable la trace, est un critérium de vérité, et à cause de cela mérite seule d'être appréhendée par l'esprit, car elle est seule capable, s'il sait en dégager cette vérité, de l'amener à une plus grande perfection et de lui donner une pure joie. 
       L'impression est pour l'écrivain ce qu'est l'expérimentation pour le savant, avec cette différence que chez le savant le travail de l'intelligence précède et chez l'écrivain vient après. Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était clair avant nous, n'est pas à nous. Ne vient de nous-même que ce que nous tirons de l'obscurité qui est en nous et que ne connaissent pas les autres.&quot;

       &quot;La matière est indifférente et tout peut y être mis par la pensée.&quot;</description><content:encoded><![CDATA[      "Les liens entre un être et nous n'existent que dans notre pensée. La mémoire en s'affaiblissant les relâche, et, malgré l'illusion dont nous voudrions être dupes et dont, par amour, par amitié, par politesse, par respect humain, par devoir, nous dupons les autres, nous existons seuls. L'homme est l'être qui ne peut sortir de soi, qui ne connaît les autres qu'en soi, et, en disant le contraire, ment."<br />
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       "Le mensonge est essentiel à l'humanité. Il y joue peut-être un aussi grand rôle que la recherche du plaisir, et d'ailleurs est commandé par cette recherche. On ment pour protéger son plaisir, ou son honneur si la divulgation du plaisir est contraire à l'honneur. On ment toute sa vie, même, surtout, peut-être seulement, à ceux qui nous aiment. Ceux-là seuls, en effet, nous font craindre pour notre plaisir et désirer leur estime."<br />
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       "L'optimisme est la philosophie du passé. Les événements qui ont eu lieu étant entre tous ceux qui étaient possibles les seuls que nous connaissions, le mal qu'ils ont causé nous semble inévitable et le peu de bien qu'ils n'ont pas pu ne pas amener avec eux, c'est à eux que nous en faisons honneur, et nous nous imaginons que sans eux il ne se fût pas produit."<br />
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       "L'instinct dicte le devoir et l'intelligence fournit les prétextes pour l'éluder. Seulement les excuses ne figurent point dans l'art, les intentions n'y sont pas comptées, à tout moment l'artiste doit écouter son instinct, ce qui fait que l'art est ce qu'il y a de plus réel, la plus austère école de la vie, et le vrai Jugement dernier."<br />
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       "Seule l'impression, si chétive qu'en semble la matière, si insaisissable la trace, est un critérium de vérité, et à cause de cela mérite seule d'être appréhendée par l'esprit, car elle est seule capable, s'il sait en dégager cette vérité, de l'amener à une plus grande perfection et de lui donner une pure joie. <br />
       L'impression est pour l'écrivain ce qu'est l'expérimentation pour le savant, avec cette différence que chez le savant le travail de l'intelligence précède et chez l'écrivain vient après. Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était clair avant nous, n'est pas à nous. Ne vient de nous-même que ce que nous tirons de l'obscurité qui est en nous et que ne connaissent pas les autres."<br />
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       "La matière est indifférente et tout peut y être mis par la pensée."]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-11-15T20:16:25+01:00</dc:date></item><item><title>Amour...</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20081108231316/amour/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20081108231316/amour/</guid><description>


       &quot;L'amour, c'est l'espace et le temps rendus sensibles au coeur.&quot; (Proust)</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/c/a/carnation/20081108-86255672549160e4fdbdf6.jpg" width="146" height="200" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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       "L'amour, c'est l'espace et le temps rendus sensibles au coeur." (Proust)]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-11-08T23:13:16+01:00</dc:date></item><item><title>Miscellanées (Proust Toujours...)</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20081108225153/miscellanees-proust-toujours/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20081108225153/miscellanees-proust-toujours/</guid><description>       &quot;Même quand on ne tient plus aux choses, il n'est pas absolument indifférent d'y avoir tenu, parce que c'était toujours pour des raisons qui échappaient aux autres. Le souvenir de ces sentiments-là, nous sentons qu'il n'est qu'en nous; c'est en nous qu'il faut rentrer pour le regarder. Ne vous moquez pas trop de ce jargon idéaliste, mais ce que je veux dire, c'est que j'ai beaucoup aimé la vie et que j'ai beaucoup aimé les arts...&quot;

       &quot;Il y a des êtres en effet - et ç'avait été dès le jeunesse mon cas - pour qui tout ce qui a une valeur fixe, constatable par d'autres, la fortune, le succès, les hautes situations, ne comptent pas; ce qu'il leur faut, ce sont des fantômes. Ils y sacrifient tout le reste, mettent tout en oeuvre, font tout servir à rencontrer tel fantôme. Mais celui-ci ne tarde pas à s'évanouir; alors on court après tel autre, quitte  à revenir ensuite au premier.&quot;

       &quot;Il ne faut jamais en vouloir aux hommes, jamais les juger d'après tel souvenir d'une méchanceté, car nous ne savons pas tout ce qu'à d'autres moments leur âme a pu vouloir sincèrement et réaliser de bon.&quot; 

       </description><content:encoded><![CDATA[       "Même quand on ne tient plus aux choses, il n'est pas absolument indifférent d'y avoir tenu, parce que c'était toujours pour des raisons qui échappaient aux autres. Le souvenir de ces sentiments-là, nous sentons qu'il n'est qu'en nous; c'est en nous qu'il faut rentrer pour le regarder. Ne vous moquez pas trop de ce jargon idéaliste, mais ce que je veux dire, c'est que j'ai beaucoup aimé la vie et que j'ai beaucoup aimé les arts..."<br />
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       "Il y a des êtres en effet - et ç'avait été dès le jeunesse mon cas - pour qui tout ce qui a une valeur fixe, constatable par d'autres, la fortune, le succès, les hautes situations, ne comptent pas; ce qu'il leur faut, ce sont des fantômes. Ils y sacrifient tout le reste, mettent tout en oeuvre, font tout servir à rencontrer tel fantôme. Mais celui-ci ne tarde pas à s'évanouir; alors on court après tel autre, quitte  à revenir ensuite au premier."<br />
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       "Il ne faut jamais en vouloir aux hommes, jamais les juger d'après tel souvenir d'une méchanceté, car nous ne savons pas tout ce qu'à d'autres moments leur âme a pu vouloir sincèrement et réaliser de bon." <br />
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       ]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-11-08T22:51:53+01:00</dc:date></item><item><title>Crazy London! (part one)</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20081030181700/crazy-london-part-one/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20081030181700/crazy-london-part-one/</guid><description>


       Je rentre de Londres; j'ai passé quelques jours de tourisme très agréables. Il n'y a qu'à Londres où l'on peut trouver des musées qui n'ont pas l'air de musées mais de bâtiments oubliés du temps où se côtoient merveilles et capharnaüm...Ainsi le John Soane's Muséum. Cette vieille maison près de Covent Garden, est une espèce de folie pleine de trésors récoltés aux quatre coins de l'Europe et de l'Orient...Les horloges sonnent les heures et l'on voudrait me faire croire que c'est un musée! Il y a de la poussière sur les meubles, des parchemins sur les tables...On s'attends d'un moment à l'autre à être accueilli par la maîtresse de maison ou voir ses pieds empêchés par le chat câlin et insolent des propriétaires...Pourtant, il y a un sarcophage superbe, un morceau du Parthénon, un Watteau et de très drôles Hogarth. Pourtant, il y a des objets incongrus et dont on ignore l'usage, des bustes grecs jusqu'au plafond! Merveille de collectionneur érudit et véritablement un peu fou...</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/c/a/carnation/20081030-15860887794909ea071f3b5.jpg" width="480" height="553" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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       Je rentre de Londres; j'ai passé quelques jours de tourisme très agréables. Il n'y a qu'à Londres où l'on peut trouver des musées qui n'ont pas l'air de musées mais de bâtiments oubliés du temps où se côtoient merveilles et capharnaüm...Ainsi le John Soane's Muséum. Cette vieille maison près de Covent Garden, est une espèce de folie pleine de trésors récoltés aux quatre coins de l'Europe et de l'Orient...Les horloges sonnent les heures et l'on voudrait me faire croire que c'est un musée! Il y a de la poussière sur les meubles, des parchemins sur les tables...On s'attends d'un moment à l'autre à être accueilli par la maîtresse de maison ou voir ses pieds empêchés par le chat câlin et insolent des propriétaires...Pourtant, il y a un sarcophage superbe, un morceau du Parthénon, un Watteau et de très drôles Hogarth. Pourtant, il y a des objets incongrus et dont on ignore l'usage, des bustes grecs jusqu'au plafond! Merveille de collectionneur érudit et véritablement un peu fou...]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-10-30T18:17:00+01:00</dc:date></item><item><title>2008/10/16 22:21:12</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20081016222112/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20081016222112/</guid><description>

&quot;Les gens de goûts nous disent aujourd'hui que Renoir est un grand peintre du XVIIIe siècle. Mais en disant cela ils oublient le Temps et qu'il en a fallu beaucoup, même en plein XIXe siècle, pour que Renoir fût salué grand artiste. Pour réussir à être ainsi reconnus, le peintre original, l'artiste original procèdent à la façon des oculistes. Le traitement par leur peinture, par leur prose, n'est pas toujours agréable. Quand il est terminé, le praticien nous dit: &quot;Maintenant regardez.&quot; Et voici que le monde (qui n'a pas été créé une fois, mais aussi souvent qu'un artiste original est survenu) nous apparaît entièrement différent de l'ancien, mais parfaitement clair. Des femmes passent dans la rue, différentes de celles d'autrefois, puisque ce sont des Renoir, ces Renoir où nous nous refusions jadis à voir des femmes. Les voitures aussi sont des Renoir, et l'eau, et le ciel: nous avons envie de nous promener dans la forêt pareille à celle qui le premier jour nous semblait tout excepté une forêt, et par exemple une tapisserie aux nuances nombreuses mais où manquaient justement les nuances propres aux forêts. Tel est l'univers nouveau et périssable qui vient d'être créé. Il durera jusqu'à la prochaine catastrophe géologique que déchaîneront un nouveau peintre ou un nouvel écrivain originaux.&quot;

Proust, &quot;Le Côté de Guermantes, II, i&quot;
Renoir, &quot;Femme dans un jardin&quot;</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/c/a/carnation/20081016-164629172948f79f3809ca8.jpg" width="600" height="888" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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"Les gens de goûts nous disent aujourd'hui que Renoir est un grand peintre du XVIIIe siècle. Mais en disant cela ils oublient le Temps et qu'il en a fallu beaucoup, même en plein XIXe siècle, pour que Renoir fût salué grand artiste. Pour réussir à être ainsi reconnus, le peintre original, l'artiste original procèdent à la façon des oculistes. Le traitement par leur peinture, par leur prose, n'est pas toujours agréable. Quand il est terminé, le praticien nous dit: "Maintenant regardez." Et voici que le monde (qui n'a pas été créé une fois, mais aussi souvent qu'un artiste original est survenu) nous apparaît entièrement différent de l'ancien, mais parfaitement clair. Des femmes passent dans la rue, différentes de celles d'autrefois, puisque ce sont des Renoir, ces Renoir où nous nous refusions jadis à voir des femmes. Les voitures aussi sont des Renoir, et l'eau, et le ciel: nous avons envie de nous promener dans la forêt pareille à celle qui le premier jour nous semblait tout excepté une forêt, et par exemple une tapisserie aux nuances nombreuses mais où manquaient justement les nuances propres aux forêts. Tel est l'univers nouveau et périssable qui vient d'être créé. Il durera jusqu'à la prochaine catastrophe géologique que déchaîneront un nouveau peintre ou un nouvel écrivain originaux."<br />
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Proust, "Le Côté de Guermantes, II, i"<br />
Renoir, "Femme dans un jardin"]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-10-16T22:21:12+01:00</dc:date></item><item><title>Miscellanées (Proust encore...)</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20081016220207/miscellanees-proust-encore/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20081016220207/miscellanees-proust-encore/</guid><description>C'est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls mais enchaînés à un être d'un règne différent, dont des abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre: notre corps. Quelque brigand que nous rencontrions sur une route, peut-être pourrons-nous arriver à le rendre sensible à son intérêt personnel sinon à notre malheur. Mais demander pitié à notre corps, c'est discourir devant une pieuvre, pour qui nos paroles ne peuvent pas avoir plus de sens que le bruit de l'eau, et avec laquelle nous serions épouvantés d'être condamnés à vivre. </description><content:encoded><![CDATA[C'est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls mais enchaînés à un être d'un règne différent, dont des abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre: notre corps. Quelque brigand que nous rencontrions sur une route, peut-être pourrons-nous arriver à le rendre sensible à son intérêt personnel sinon à notre malheur. Mais demander pitié à notre corps, c'est discourir devant une pieuvre, pour qui nos paroles ne peuvent pas avoir plus de sens que le bruit de l'eau, et avec laquelle nous serions épouvantés d'être condamnés à vivre. ]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-10-16T22:02:07+01:00</dc:date></item><item><title>L'art, avec un degré d'art en plus...</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20081012130807/l-art-avec-un-degre-d-art-en-plus/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20081012130807/l-art-avec-un-degre-d-art-en-plus/</guid><description>


Je restais maintenant volontiers à table pendant qu'on desservait, et si ce n'était pas un moment où les jeunes filles de la petite bande pouvaient passer, ce n'était plus uniquement du côté de la mer que je regardais. Depuis que j'en avais vu dans les aquarelles d'Elstir, je cherchais à retrouver dans la réalité, j'aimais comme quelque chose de poétique, le geste interrompu des couteaux encore de travers, la rondeur bombée d'une serviette défaite où le soleil intercale un morceau de velours jaune, le verre à demi vidé qui montre mieux ainsi le noble évasement de ses formes et au fond de son vitrage translucide et pareil à une condensation du jour, un reste de vin sombre mais scintillant de lumières, le déplacement des volumes, la transmutation des liquides par l'éclairage, l'altération des prunes qui passent du vert au bleu et bleu à l'or dans le compotier déjà à demi dépouillé, la promenade des chaises vieillottes qui deux fois par jour viennent s'installer autour de la nappe, dressée sur la table ainsi que sur un autel où sont célébrées les fêtes de la gourmandise et sur laquelle au fond des huîtres quelques gouttes d'eau lustrale restent comme dans de petits bénitiers de pierre; j'essayais de trouver la beauté là où je ne m'étais jamais figuré qu'elle fût, dans les choses les plus usuelles, dans la vie profonde des &quot;natures mortes&quot;. 

Marcel Proust, &quot;A l'Ombre des jeunes fille en fleurs&quot;, II</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/c/a/carnation/20081012-36973765848f1d81c8b8f8.jpg" width="769" height="1200" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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Je restais maintenant volontiers à table pendant qu'on desservait, et si ce n'était pas un moment où les jeunes filles de la petite bande pouvaient passer, ce n'était plus uniquement du côté de la mer que je regardais. Depuis que j'en avais vu dans les aquarelles d'Elstir, je cherchais à retrouver dans la réalité, j'aimais comme quelque chose de poétique, le geste interrompu des couteaux encore de travers, la rondeur bombée d'une serviette défaite où le soleil intercale un morceau de velours jaune, le verre à demi vidé qui montre mieux ainsi le noble évasement de ses formes et au fond de son vitrage translucide et pareil à une condensation du jour, un reste de vin sombre mais scintillant de lumières, le déplacement des volumes, la transmutation des liquides par l'éclairage, l'altération des prunes qui passent du vert au bleu et bleu à l'or dans le compotier déjà à demi dépouillé, la promenade des chaises vieillottes qui deux fois par jour viennent s'installer autour de la nappe, dressée sur la table ainsi que sur un autel où sont célébrées les fêtes de la gourmandise et sur laquelle au fond des huîtres quelques gouttes d'eau lustrale restent comme dans de petits bénitiers de pierre; j'essayais de trouver la beauté là où je ne m'étais jamais figuré qu'elle fût, dans les choses les plus usuelles, dans la vie profonde des "natures mortes". <br />
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Marcel Proust, "A l'Ombre des jeunes fille en fleurs", II]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-10-12T13:08:07+01:00</dc:date></item><item><title>Miscellanées (Proust toujours...)</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20081002205303/miscellanees-proust-toujours/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20081002205303/miscellanees-proust-toujours/</guid><description>       &quot;On peut avoir du goût pour une personne. Mais pour déchaîner cette tristesse, ce sentiment de l'irréparable, ces angoisses qui préparent l'amour, il faut le risque d'une impossibilité.&quot;

       &quot;On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner, car elle est un point de vue sur les choses.&quot;</description><content:encoded><![CDATA[       "On peut avoir du goût pour une personne. Mais pour déchaîner cette tristesse, ce sentiment de l'irréparable, ces angoisses qui préparent l'amour, il faut le risque d'une impossibilité."<br />
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       "On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner, car elle est un point de vue sur les choses."]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-10-02T20:53:03+01:00</dc:date></item><item><title>Bruno, Jean, Cody, Sylvain et les autres...</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20080929223234/bruno-jean-cody-sylvain-et-les-autres/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20080929223234/bruno-jean-cody-sylvain-et-les-autres/</guid><description>      Pourquoi un article sur eux? Pas un article, juste quelques mots...Je me suis rendu compte en écrivant à propos de Proust que, si les livres étaient le seuil de la vie spirituelle, ils ne la constituaient en rien. 
      Comme Proust, je sens que la vie, ce qu'elle propose de plus superficiel et de meilleur, l'amitié et l'amour, ont eu aussi leur part dans mon développement personnel. Alors, si je suis célibataire, je me souviens...
      Bruno, Jean, Cody et Sylvain, quatre hommes, différents, se ressemblant un peu tout de même. Quatre incarnations de l'amour que j'ai porté à l'extérieur de moi, la meilleure part de moi, donnée sans réserve, sans mesure, et aussi sans regrets...
      Ils m'ont laissé quelques tristesses, quelques blessures, mais aussi cette force, inaliénable, pour toujours en moi. Aussi, ces quelques mots sont en quelque sorte un hommage que je leur rends. 
      J'ai oublié ma peine, pour garder ces moments d'étoile quils m'ont permis d'atteindre, les garder en moi, les chérir, leur donner une place de choix et, qui sait?, les offrir peut-être...

      Et cette vie spirituelle, si elle se nourrit de mes lectures, de ces chefs-d'oeuvre picturaux que je ne me lasse jamais de contempler, elle prend sa forme particulière, sa réalisation dans ce parcours qui a été ma vie jusqu'à présent, chemin de vie dont chacun de ces hommes, aimés et jamais reniés, est un relais...

      </description><content:encoded><![CDATA[      Pourquoi un article sur eux? Pas un article, juste quelques mots...Je me suis rendu compte en écrivant à propos de Proust que, si les livres étaient le seuil de la vie spirituelle, ils ne la constituaient en rien. <br />
      Comme Proust, je sens que la vie, ce qu'elle propose de plus superficiel et de meilleur, l'amitié et l'amour, ont eu aussi leur part dans mon développement personnel. Alors, si je suis célibataire, je me souviens...<br />
      Bruno, Jean, Cody et Sylvain, quatre hommes, différents, se ressemblant un peu tout de même. Quatre incarnations de l'amour que j'ai porté à l'extérieur de moi, la meilleure part de moi, donnée sans réserve, sans mesure, et aussi sans regrets...<br />
      Ils m'ont laissé quelques tristesses, quelques blessures, mais aussi cette force, inaliénable, pour toujours en moi. Aussi, ces quelques mots sont en quelque sorte un hommage que je leur rends. <br />
      J'ai oublié ma peine, pour garder ces moments d'étoile quils m'ont permis d'atteindre, les garder en moi, les chérir, leur donner une place de choix et, qui sait?, les offrir peut-être...<br />
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      Et cette vie spirituelle, si elle se nourrit de mes lectures, de ces chefs-d'oeuvre picturaux que je ne me lasse jamais de contempler, elle prend sa forme particulière, sa réalisation dans ce parcours qui a été ma vie jusqu'à présent, chemin de vie dont chacun de ces hommes, aimés et jamais reniés, est un relais...<br />
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      ]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-09-29T22:32:34+01:00</dc:date></item><item><title>Miscellanées</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20080928122606/miscellanees/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20080928122606/miscellanees/</guid><description>       J'aurai passé ma soirée à lire Proust et je sens à ce contact divin, que mon esprit s'élève, que ma vie spirituelle prend de l'épaisseur. Je ne sais si Proust en était conscient lui-même, et peut-être l'avait-il expérimenté avec ses auteurs favoris, le lire me donne la grande, l'irrésistible envie de lire plus, encore plus, d'autres choses, de plus ardues. Il est resté mon maître depuis toutes ces années et je lui dois sans doute le plus grand et le meilleur de mon développement intellectuel. Je suis surpris cette année, alors que je le relis, de m'intéresser plus à ces passages où il développe ses pensées sur l'art, sa vision de l'amour, et beaucoup moins comme je faisais autrefois, à l'intrigue et à ce qui concerne l'homosexualité. J'ai évolué, mais Proust, si profond, infini, reste là, un de mes maîtres à penser. Mieux, il semble avoir évolué avec moi...Je ne peux oublier aussi que c'est grâce à lui, par son &quot;intermédiaire&quot;, que j'ai rencontré M. Tadié et M. Compagnon. Des maîtres aussi, d'un autre genre...

&quot;Savoir qu'on n'a plus rien à espérer, n'empêche pas de continuer à attendre.&quot;

&quot;Nous sommes tous obligés pour rendre la réalité supportable d'entretenir en nous quelques petites folies.&quot;

&quot;Quand on aime, l'amour est trop grand pour pouvoir être contenu tout entier en nous; il irradie vers la personne aimée, rencontre en elle une surface qui l'arrête, le force à revenir vers son point de départ et c'est ce choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l'autre et qui nous charme plus qu'à l'aller, parce que nous ne reconnaissons pas qu'elle vient de nous. &quot;

&quot;Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l'habitude le remplit.&quot;

&quot;Je m'efforce de tout comprendre et je me garde de rien condamner.&quot;</description><content:encoded><![CDATA[       J'aurai passé ma soirée à lire Proust et je sens à ce contact divin, que mon esprit s'élève, que ma vie spirituelle prend de l'épaisseur. Je ne sais si Proust en était conscient lui-même, et peut-être l'avait-il expérimenté avec ses auteurs favoris, le lire me donne la grande, l'irrésistible envie de lire plus, encore plus, d'autres choses, de plus ardues. Il est resté mon maître depuis toutes ces années et je lui dois sans doute le plus grand et le meilleur de mon développement intellectuel. Je suis surpris cette année, alors que je le relis, de m'intéresser plus à ces passages où il développe ses pensées sur l'art, sa vision de l'amour, et beaucoup moins comme je faisais autrefois, à l'intrigue et à ce qui concerne l'homosexualité. J'ai évolué, mais Proust, si profond, infini, reste là, un de mes maîtres à penser. Mieux, il semble avoir évolué avec moi...Je ne peux oublier aussi que c'est grâce à lui, par son "intermédiaire", que j'ai rencontré M. Tadié et M. Compagnon. Des maîtres aussi, d'un autre genre...<br />
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"Savoir qu'on n'a plus rien à espérer, n'empêche pas de continuer à attendre."<br />
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"Nous sommes tous obligés pour rendre la réalité supportable d'entretenir en nous quelques petites folies."<br />
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"Quand on aime, l'amour est trop grand pour pouvoir être contenu tout entier en nous; il irradie vers la personne aimée, rencontre en elle une surface qui l'arrête, le force à revenir vers son point de départ et c'est ce choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l'autre et qui nous charme plus qu'à l'aller, parce que nous ne reconnaissons pas qu'elle vient de nous. "<br />
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"Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l'habitude le remplit."<br />
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"Je m'efforce de tout comprendre et je me garde de rien condamner."]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-09-28T12:26:06+01:00</dc:date></item><item><title>Yo!</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20080706095116/yo/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20080706095116/yo/</guid><description>

      D'ordinaire, il n'y a pas de commentaires personnels sur ce blog, mais une fois n'est pas coutume. C'est mon anniversaire aujourd'hui. Il y a un an, S*** m'offrait une édition originale de Proust; avec cela et lui à mes côtés, j'étais comblé. Il est parti vers d'autres destins que j'espère meilleurs pour lui. Je n'ai ni regrets ni rancoeur.
      Ma vie prend un nouveau tournant et je le sens décisif. Elle s'est débarrassée des faux semblants, et de ses dernières illusions. Mais elle n'est pas pour autant triste ni devenue ennuyeuse! Au contraire, la lucidité permet de savoir peut-être avec plus d'acuité où se trouve le bonheur...
      Je suis en passe d'être comblé, d'une manière plus profonde peut-être, parce qu'uniquement personnelle. J'ai trop attendu des autres pour être heureux, je me suis fourvoyé. Le moyen pour S***, et d'autres de supporter cela, de se sentir béquille? A présent, je sais que le bonheur dépend de moi, et moi seul, et que, seulement lorsque je m'y sentirai plus à l'aise, comme installé, je pourrai y accueillir un homme. 
      Allez! Je suis, dirons-nous, au milieu de ma vie...Il ne tient qu'à moi d'en faire le zénith!</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/c/a/carnation/20080706-6297235524870739a93c31.jpg" width="280" height="341" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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      D'ordinaire, il n'y a pas de commentaires personnels sur ce blog, mais une fois n'est pas coutume. C'est mon anniversaire aujourd'hui. Il y a un an, S*** m'offrait une édition originale de Proust; avec cela et lui à mes côtés, j'étais comblé. Il est parti vers d'autres destins que j'espère meilleurs pour lui. Je n'ai ni regrets ni rancoeur.<br />
      Ma vie prend un nouveau tournant et je le sens décisif. Elle s'est débarrassée des faux semblants, et de ses dernières illusions. Mais elle n'est pas pour autant triste ni devenue ennuyeuse! Au contraire, la lucidité permet de savoir peut-être avec plus d'acuité où se trouve le bonheur...<br />
      Je suis en passe d'être comblé, d'une manière plus profonde peut-être, parce qu'uniquement personnelle. J'ai trop attendu des autres pour être heureux, je me suis fourvoyé. Le moyen pour S***, et d'autres de supporter cela, de se sentir béquille? A présent, je sais que le bonheur dépend de moi, et moi seul, et que, seulement lorsque je m'y sentirai plus à l'aise, comme installé, je pourrai y accueillir un homme. <br />
      Allez! Je suis, dirons-nous, au milieu de ma vie...Il ne tient qu'à moi d'en faire le zénith!]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-07-06T09:51:16+01:00</dc:date></item><item><title>La Peinture morale</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20080703192549/la-peinture-morale/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20080703192549/la-peinture-morale/</guid><description>      Il est pathétique, à nos yeux de modernes, de voir nombres de créateurs (et des plus grands) se débattre, se contorsionner, pour justifier leur inspiration, prouver que leurs oeuvres sont &quot;correctes&quot;. Ce dernier terme est anachronique, sans doute, mais il correspond en tout point à la réalité historique. Pour mémoire: on aurait tort de s'imaginer, comme il arrive souvent avec le recul du temps, qu'il s'agissait de situations toutes théoriques. Autant que dans la recherche scientifique, les novateurs risquaient gros dans les domaines de la philosophie, de la théologie...Emprisonnement, exil, tribunaux de l'Inquisition, bûcher, tout cela n'avait strictement rien de vains mots.
      Bornons-nous au cas de la peinture. Un peintre n'est-il pas un moraliste, dans la mesure où lui aussi propose une lecture de la nature et de la condition humaines? A l'évidence, il est des peintres moralistes ou, si l'on préfère, des peintres qui puisent si constamment au même fonds que les écrivains moralistes, dont même la manière présente tant d'analogies avec celle des littérateurs qu'on est tenté de raisonner dans les termes de l'abbé Batteux, réduisant les Beaux-Arts à un &quot;même principe&quot;. Pour s'en rendre compte, il suffit de songer, par exemple, à toute la réflexion sur les âges de la vie, sur les transformations que le temps opère sur tout visage, sur l'intériorité et la vie contemplative, soutenant tant de portraits de Rembrandt. [...]
      Quelques exemples encore, pour prouver qu'il est légitime d'étendre la définition de moraliste à certain type de peintre. Pensons au portrait de Velasquez, si chargé de méditation existentielle de &quot;Francisco Lezcano, el Niño de Vallecas&quot; (aussi intitulé &quot;El Bufon&quot;), représentant le personnage nain et crétin, au regard si désarmé et désemparé, chargé de divertir les courtisans de Sa Majesté Très Catholique. Ou bien à celui (trop hâtivement qualifié de scène de genre) de &quot;l'Aguador de Sevilla&quot;, de qui le visage labouré de rides, le regard abîmé disent, eux encore, une incommensurable fatigue, tout en reflétant l' &quot;éminente dignité&quot; du pauvre en haillons, dont la manière de tendre au jeune acheteur le verre d'eau salutaire est empreint d'autant (sinon plus) de spiritualité que bien des toiles au sujet &quot;noble&quot; tiré de l'Histoire sainte, la remise du précieux liquide évoquant irrésistiblement la célébration d'une essentielle cérémonie. De telles peintures dépassent bien souvent, par l'éloquence du silence, les plus parlantes ouvres des moralistes littérateurs. [...]
      La Tour n'est pas seulement le peintre par excellence de &quot;l'anatomie moralisée&quot;. Chacune de ses toiles opère la fusion intime entre morale et spiritualité. Tout détail, jusqu'au plus humble, est porteur non pas d'une &quot;édification&quot;, mais d'un appel en sourdine à une &quot;lecture&quot; apaisée et recueillie d'autrui et de soi. Images populaires, souvent &quot;moralisées&quot;, emblèmes, proverbes donnent pour ainsi dire la main aux sermons, aux paraboles évangéliques, pour soutenir un art qui &quot;scrute passionnément le mystère des êtres&quot;. 
      Mais le principal &quot;personnage&quot; de La Tour, en cet âge d'or du nocturne, ne serait-ce pas la lumière? Nulle solution de continuité entre la lumière surnaturelle, immatérielle, de la grâce irradiant de sujets évangéliques et la pauvre chandelle donnant à voir une servante qui s'épuce. Le &quot;motif&quot; de la flamme de la chandelle, varié en modulations aussi inépuisables qu'un thème de J. S. Bach, constitue une passerelle entre ordre humain et ordre divin, entre éthique et spiritulalité. La plus haute fonction de la peinture est, comme le dira Roger de Piles, &quot;d'appeler et d'arrêter le spectateur&quot;, de le conduire, comme à son insu, de l'un à l'autre de ces ordres, jusqu'à une essentielle rencontre avec lui-même.

Louis Van Delft, &quot;Les Moralistes. Une apologie&quot;</description><content:encoded><![CDATA[      Il est pathétique, à nos yeux de modernes, de voir nombres de créateurs (et des plus grands) se débattre, se contorsionner, pour justifier leur inspiration, prouver que leurs oeuvres sont "correctes". Ce dernier terme est anachronique, sans doute, mais il correspond en tout point à la réalité historique. Pour mémoire: on aurait tort de s'imaginer, comme il arrive souvent avec le recul du temps, qu'il s'agissait de situations toutes théoriques. Autant que dans la recherche scientifique, les novateurs risquaient gros dans les domaines de la philosophie, de la théologie...Emprisonnement, exil, tribunaux de l'Inquisition, bûcher, tout cela n'avait strictement rien de vains mots.<br />
      Bornons-nous au cas de la peinture. Un peintre n'est-il pas un moraliste, dans la mesure où lui aussi propose une lecture de la nature et de la condition humaines? A l'évidence, il est des peintres moralistes ou, si l'on préfère, des peintres qui puisent si constamment au même fonds que les écrivains moralistes, dont même la manière présente tant d'analogies avec celle des littérateurs qu'on est tenté de raisonner dans les termes de l'abbé Batteux, réduisant les Beaux-Arts à un "même principe". Pour s'en rendre compte, il suffit de songer, par exemple, à toute la réflexion sur les âges de la vie, sur les transformations que le temps opère sur tout visage, sur l'intériorité et la vie contemplative, soutenant tant de portraits de Rembrandt. [...]<br />
      Quelques exemples encore, pour prouver qu'il est légitime d'étendre la définition de moraliste à certain type de peintre. Pensons au portrait de Velasquez, si chargé de méditation existentielle de "Francisco Lezcano, el Niño de Vallecas" (aussi intitulé "El Bufon"), représentant le personnage nain et crétin, au regard si désarmé et désemparé, chargé de divertir les courtisans de Sa Majesté Très Catholique. Ou bien à celui (trop hâtivement qualifié de scène de genre) de "l'Aguador de Sevilla", de qui le visage labouré de rides, le regard abîmé disent, eux encore, une incommensurable fatigue, tout en reflétant l' "éminente dignité" du pauvre en haillons, dont la manière de tendre au jeune acheteur le verre d'eau salutaire est empreint d'autant (sinon plus) de spiritualité que bien des toiles au sujet "noble" tiré de l'Histoire sainte, la remise du précieux liquide évoquant irrésistiblement la célébration d'une essentielle cérémonie. De telles peintures dépassent bien souvent, par l'éloquence du silence, les plus parlantes ouvres des moralistes littérateurs. [...]<br />
      La Tour n'est pas seulement le peintre par excellence de "l'anatomie moralisée". Chacune de ses toiles opère la fusion intime entre morale et spiritualité. Tout détail, jusqu'au plus humble, est porteur non pas d'une "édification", mais d'un appel en sourdine à une "lecture" apaisée et recueillie d'autrui et de soi. Images populaires, souvent "moralisées", emblèmes, proverbes donnent pour ainsi dire la main aux sermons, aux paraboles évangéliques, pour soutenir un art qui "scrute passionnément le mystère des êtres". <br />
      Mais le principal "personnage" de La Tour, en cet âge d'or du nocturne, ne serait-ce pas la lumière? Nulle solution de continuité entre la lumière surnaturelle, immatérielle, de la grâce irradiant de sujets évangéliques et la pauvre chandelle donnant à voir une servante qui s'épuce. Le "motif" de la flamme de la chandelle, varié en modulations aussi inépuisables qu'un thème de J. S. Bach, constitue une passerelle entre ordre humain et ordre divin, entre éthique et spiritulalité. La plus haute fonction de la peinture est, comme le dira Roger de Piles, "d'appeler et d'arrêter le spectateur", de le conduire, comme à son insu, de l'un à l'autre de ces ordres, jusqu'à une essentielle rencontre avec lui-même.<br />
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Louis Van Delft, "Les Moralistes. Une apologie"]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-07-03T19:25:49+01:00</dc:date></item><item><title>Le néant n'existe pas.</title><link>http://blog.carnation.gayattitude.com/20080626185531/le-neant-n-existe-pas/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.carnation.gayattitude.com/20080626185531/le-neant-n-existe-pas/</guid><description>


&quot;Rien ne tombe là où tout tombe.&quot; Montaigne, Essais, III, IX.

      &quot;Et lorsque Montaigne découvre que le présent -personnel et collectif - est entraîné par le mouvement de la chute, son unique recours contre le désarroi consiste, paradoxalement, à porter son regard sur tout ce qui est englobé dans ce même présent. Il consiste à agrandir le paysage considéré à partir du sommet de l'instant. Le réconfort, dans l'élargissement du regard, provient de la constatation que nous ne sommes pas seuls à tomber, que la chute est le mouvement général du monde.&quot; (Jean Starobinski, &quot;Montaigne en mouvement&quot;)

      
&quot;Obra&quot; de Juan Miro</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/c/a/carnation/20080626-20881019244863c16ada036.jpg" width="280" height="207" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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"Rien ne tombe là où tout tombe." Montaigne, Essais, III, IX.<br />
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      "Et lorsque Montaigne découvre que le présent -personnel et collectif - est entraîné par le mouvement de la chute, son unique recours contre le désarroi consiste, paradoxalement, à porter son regard sur tout ce qui est englobé dans ce même présent. Il consiste à agrandir le paysage considéré à partir du sommet de l'instant. Le réconfort, dans l'élargissement du regard, provient de la constatation que nous ne sommes pas seuls à tomber, que la chute est le mouvement général du monde." (Jean Starobinski, "Montaigne en mouvement")<br />
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"Obra" de Juan Miro]]></content:encoded><dc:creator>Carnation</dc:creator><dc:date>2008-06-26T18:55:31+01:00</dc:date></item></channel></rss>