J'écoute : Tous les CD d'Alexandre Tharaud...
Je regarde : La reproduction du "Caballero Joven" du Gréco qui trône au dessus de mon bureau.
Je lis : Proust, "A l'Ombre des jeunes filles en fleurs"
Je joue : au Jeu de l'amour et du hasard
Je mange : sain
Je bois : le thé "Troïka" de Kousmichoff
Je cite : mes auteurs favoris
Je pense : à l'avenir
Je rêve : oui, je rêve sans doute...
(mis à jour jeudi 2 octobre 2008 à 20:54)

26/06/2008

26/06/08 - 18:55

Le néant n'existe pas.




"Rien ne tombe là où tout tombe." Montaigne, Essais, III, IX.

"Et lorsque Montaigne découvre que le présent -personnel et collectif - est entraîné par le mouvement de la chute, son unique recours contre le désarroi consiste, paradoxalement, à porter son regard sur tout ce qui est englobé dans ce même présent. Il consiste à agrandir le paysage considéré à partir du sommet de l'instant. Le réconfort, dans l'élargissement du regard, provient de la constatation que nous ne sommes pas seuls à tomber, que la chute est le mouvement général du monde." (Jean Starobinski, "Montaigne en mouvement")


"Obra" de Juan Miro

18/06/2008

18/06/08 - 18:43

To My Dear Cody



From France, to Texas, my Sweet Angel!

(Vous ai-je déjà parlé de mon penchant -attention tu vas tomber! - pour les cowboys??)

12/06/2008

12/06/08 - 18:44

Pour le dessinateur qui n'aime pas Mister fred!

11/06/2008

11/06/08 - 15:32

A Benjamin...

Oh! Je voudrais tant que tu te souviennes
des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là la vie était plus belle
et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle...
Tu vois je n'ai pas oublié
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
les souvenirs et les regrets aussi
et le vent du nord les emporte
dans la nuit froide de l'oubli
Tu vois je n'ai pas oublié
la chanson que tu me chantais...

09/06/2008

09/06/08 - 22:11

Paradoxe.

"Car c'est bien le paradoxe d'Epiménide - et non une vérité enfouie - qui se trouve au coeur du "Meurtre de Roger Ackroyd" et de sa lecture, paradoxe qui se lit sous sa forme longue: "Epiménide le Crétois dit: tous les Crétois sont des menteurs", et sous sa forme abrégée: "je mens". On sait que ce paradoxe du Crétois a suscité pendant très longtemps des interrogations logiques, tendant à le présenter comme insoluble. En effet, si je dis que je suis un menteur, mon énoncé s'annule et je dis la vérité. Mais, la disant, je suis donc un menteur et mon énoncé s'annule, etc." ...

Pierre Bayard, "Qui a tué Roger Ackroyd"

(Pour Lexduralex!)

02/06/2008

02/06/08 - 22:06

Solitude.

Quant à la solitude, c'est évidemment notre lot à tous: le sage n'est plus proche de la sienne que parce qu'il est plus proche de la vérité. Mais la solitude n'est pas isolement: certains la vivent en ermite, certes, dans une grotte ou un désert, mais d'autres, aussi bien, dans un monastère, et d'autres encore -les plus nombreux- dans la famille ou la foule...Être isolé, c'est être sans contacts, sans relations, sans amis, sans amours, et bien sûr c'est un malheur. Être seul, c'est être soi, sans recours, et c'est la vérité de l'existence humaine. Comment serait-on quelqu'un d'autre? Comment quelqu'un pourrait-il nous décharger de ce poids d'être soi? "L'homme naît seul, vit seul, meurt seul", disait le Bouddha. Cela ne veut pas dire qu'on naisse, vive et meure dans l'isolement! La naissance, par définition suppose une relation à l'autre: la société est toujours déjà là, l'intersubjectivité est toujours déjà là, et elles ne nous quitteront pas. Mais qu'est-ce que cela change à la solitude? Dans les "Pensées", de même, lorsque Pascal écrit: "On mourra seul", cela ne veut pas dire qu'on mourra isolé. AU XVIIe siècle, ce n'était presque jamais le cas; dans la pièce où l'on mourait, il y avait ordinairement un certain nombre de personnes: la famille, le prêtre, les amis...Mais on mourait seul, comme on meurt seul aujourd'hui, parce que personne ne peut mourir à notre place. C'est pourquoi aussi l'on vit seul: parce que personne ne peut le faire à notre place. L'isolement, dans une vie humaine, est l'exception. la solitude est la règle. Personne ne peut vivre à notre place, ni souffrir ou aimer à notre place. C'est ce que j'appelle la solitude: ce n'est qu'un autre nom pour l'effort d'exister. Personne ne viendra porter votre fardeau, personne. Si l'on peut parfois s'entraider (et bien sûr qu'on le peut!), cela suppose l'effort solitaire de chacun, et ne saurait - sauf illusions- en tenir lieu. la solitude n'est donc pas refus de l'autre, au contraire: accepter l'autre, c'est l'accepter "comme autre" (et non comme un appendice, un instrument ou un objet de soi!), et c'est en quoi l'amour, dans sa vérité, est solitude. Rilke a trouvé les mots qu'il fallait, pour dire cet amour dont nous avons besoin, et dont nous ne sommes que si rarement capables: "Deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s'inclinant l'une devant l'autre"...Cette beauté sonne vrai. L'amour n'est pas le contraire de la solitude: c'est la solitude partagée, habitée, illuminée -et assombrie parfois- par la solitude de l'autre. L'amour est solitude, toujours, non que toute solitude soit aimante, tant s'en faut, mais parce que tout amour est solitaire. Personne ne peut aimer à notre place, ni en nous, ni comme nous. Ce désert, autour de soi ou de l'objet aimé, c'est l'amour même.

André Comte-Sponville, "L'Amour solitude"